Programme

Mercredi 24 octobre 2018

 

9 h : Accueil des participant.e.s

 

9 h 30 : Mots de bienvenue

Julie Ravary-Pilon et Lori Saint-Martin

Rachel Chagnon (directrice de l’Institut de recherche et d’études féministes de l’Université du Québec à Montréal) et Robert Dion (directeur du Centre de recherches sur la littérature et la culture québécoises de l’Université du Québec à Montréal)

 

9 h 45 : Conférence d’ouverture

 

Répondante : Pascale Navarro, journaliste, animatrice et conférencière

 

La lutte inachevée des politiques gouvernementales pour la parité hommes-femmes en culture

Monique Simard, scénariste, actrice, productrice

 

Cette conférence consistera en une présentation de l’histoire des politiques culturelles pour la parité hommes-femmes au Québec. En présentant sa vision ses expériences en tant que femme dans le milieu culturel, Monique Simard abordera plus précisément le contexte ayant mené différentes institutions du domaine des médias audiovisuels (la SODEC, l’Office National du Film et Téléfilm Canada) à instaurer ce type de politiques. Pascale Navarro, journaliste spécialiste des questions et débats sur la parité homme-femme dans diverses sphères sociales,  agira comme principale répondante à cette conférence.

 

10 h 45 : Pause

 

11 h – 12 h 30 : Animation, archives et pédagogie

 

Présidente de séance : à venir

 

Quand le cinéma d’animation s’entrecroise avec la « deuxième vague » du mouvement féministe au Québec : analyse des discours des réalisatrices

Marie-Josée Saint-Pierre, Université de Montréal

 

Le cinéma d’animation a longtemps été un club masculin exclusif où la réalisation des films était inaccessible aux femmes.  En favorisant une approche interdisciplinaire avec l’histoire de l’art, la sociologie, les études cinématographiques et féministes, cette communication souhaite mettre en lumière la manière dont le cinéma d’animation permet de réfléchir la pensée de la « deuxième vague » du mouvement féministe au Québec. Comment le film d’animation peut-il critiquer la représentation socioculturelle androcentrée qui contribue à maintenir la domination des femmes et l’hétéronormativité ?

 

Archives féministes au Québec

Rosanna Maule, Université Concordia

 

À partir des années 1970, le mouvement féministe inspira la création de groupes et d’associations pour la promotion, la diffusion ou la distribution de films ou de vidéos dirigés par des femmes ou portant sur des problématiques féminines. Au fil des années, ces institutions ont développé des collections qui permettent de reconstruire une page importante des pratiques filmiques et vidéo dans la région sous une optique genrée. Cette communication présentera leurs initiatives comme des approches alternatives à la conservation et à la diffusion des biens culturels et à l’archive. La communication se concentrera particulièrement sur Vidéo Femme, fondé en 1973, sur le Groupe d’Intervention Vidéo (GIV), fondé en 1975 et sur l’association Réalisatrices Équitables, établie plus récemment (2007), mais qui recueille l’histoire de la plupart des réalisatrices québécoises à travers un projet d’archivage numérique.

 

Le mystère de La Poune disparue : femmes et spectacles cinématographiques au Québec 

Louis Pelletier, Université de Montréal

 

Un des éléments centraux du récit de la carrière de Rose Ouellette (1903-1996), mieux connue sous le nom de scène « La Poune », est son passage au cinéma Cartier de Saint-Henri. Dans un recueil de souvenirs (Ouellette 1983), Ouellette raconte avoir géré ce cinéma pendant plusieurs années avant de se voir confier la direction du Théâtre National, où elle s’imposera entre les années 1930 et 1950 comme une des plus grandes figures de la culture populaire canadienne-française. Aucune des sources d’époque consultées dans le cadre de mes recherches sur l’exploitation cinématographique à Montréal ne mentionne toutefois ce présumé passage de Ouellette au cinéma Cartier. Cette communication examinera la démarche historiographique en considérant quelques explications possibles à cette situation. Ce faisant, nous verrons comment l’histoire du cinéma et de la scène sont en définitive indissociables, et comment plusieurs femmes en vinrent à marquer le monde des spectacles cinématographiques à Montréal à titre de musiciennes accompagnatrices de films muets, de comédiennes, et de gérantes de salles de cinéma.

 

Subversive Squatting and Resistant Repurposings : Dayna McLeod Across Media and Performance

Alanna Thain, Université McGill

 

Dayna McLeod is a queer, feminist, Montreal-based artist working across performance and media, in particular video, through work that links aging, visibility, sexuality and popular culture. Through creating work that traverses multiple mediums and platforms, McLeod offers an often hilarious rebuttal to mainstream media and its normative modes of gendered and sexualized embodiment through a tactics of interruptive occupation. I will consider work such as the collaborative curatorial online project “52 pick up”, a series of remix videos and performances that take on everyone from Mary Poppins and Maria Von Trapp through Anne (of Green Gables and Murray) to her recent Uterine Concert Hall, in which McLeod redistributes the public platform of the women’s uterus through a brilliant, satirical and engaging play with sonic, web based and live performance. McLeod’s work mobilizes what I term a performance theory of media as a queer and feminist politics of making art.

 

12 h 30 – 14 h : Dîner

 

14 h – 15 h 15 : femmes, littérature et cinéma

 

Présidente de séance : à venir

 

L’écriture féministe à la rencontre de l’écran

Martine Delvaux, Université du Québec à Montréal

 

Cette communication a pour objectif de réfléchir au regard qu’une écrivaine, féministe, peut poser sur un film, et au geste qui consiste à écrire depuis cette perspective. Que se passe-t-il quand celle qui écrit est écrivaine plutôt que critique de cinéma, et qu’elle se penche sur des œuvres cinématographiques dans le but d’explorer et de présenter un point de vue féministe ? Il s’agira, ici, d’essayer de penser cette posture de l’écrivaine féministe comme (volontairement) non-spécialiste, et de la littérature comme moyen de lire l’objet cinéma dans le but de faire surgir le geste transdisciplinaire comme geste politique.

 

Les terribles vivantes : fast-forward entre passé, présent et avenir(s) du féminisme

Chloé Savoie Bernard, CRILCQ – Université de Montréal

 

Dans Les terribles vivantes (1986), Dorothy Todd Hénault présente trois écrivaines que l’on a rattachées aux « écritures au féminin », soit Nicole Brossard, Jovette Marchessault et Louky Bersianik. Leur discours face au féminisme tient de l’inauguration d’une parole au féminin. Trente ans après la sortie de ce film, où Marchessault disait qu’« en plus de ne pas avoir de nom, nous [les femmes] n’avons pas d’images », les manières dont se pense et s’écrit le féminisme sont différentes. Alors qu’on en appelait à une archéologie des discours afin de trouver dans le passé des figures de femmes qui permettent de réfléchir à une identité au féminin, la jeune écrivaine féministe que je suis n’a pas à effectuer les mêmes gestes face aux présences de femmes dans la culture : le féminisme n’est plus à inaugurer. Si on continue tout de même à rechercher dans l’histoire des figures canoniques, le féminisme des années soixante-dix et quatre-vingt a institué des paroles phares, comme celles de Brossard, Marchessault ou Bersianik. Les femmes possèdent désormais, pour paraphraser Marchessault, « des images » qu’elles n’avaient pas il y a trente ans. J’interrogerai ces figures tutélaires à partir du film de Dorothy Todd Hénault, l’un des rares donnant accès au quotidien de ces écrivaines.

 

Gilles Carle « féministe » ? La mort d’un bûcheron, Maria Chapdelaine et le détournement des mythes féminins

Thomas Carrier-Lafleur, Université de Montréal

 

Au-delà de son titre volontairement provocateur, la présente communication entend faire la lumière sur les mythes féminins qui peuplent et structurent le cinéma de Gilles Carle, à commencer par celui de Déméter, la Terre-Mère. Ce mythe de la fertilité se trouve au cœur de nombreux films du cinéaste, mais jamais de manière aussi prégnante que dans La mort d’un bûcheron (1973) et dans Maria Chapdelaine (1983), les premier et dernier films que Carle tourna avec Carole Laure. Partageant des thématiques et des personnages – Marie Chapdeleine/Maria Chapdelaine, deux François Paradis –, ces deux films nous permettront d’étudier comment Carle, sous la cape d’un cinéma d’exploitation, va brouiller les frontières qui séparent le mythe du cliché, de même qu’il tentera de retrouver notre héritage collectif à même la modernité et la société du spectacle. Être femme, dans le cinéma de Gilles Carle, c’est d’abord et avant tout être une image. Toutefois, renversant les conventions, c’est précisément à même l’actualité et la superficialité de l’image que le cinéaste proposera une plongée au centre de notre imaginaire.

 

15 h 15 : Pause

 

15 h 30 – 17 h : Table ronde : 35e anniversaire de la publication de Femmes et cinéma québécois (1983)

 

Animatrice : à venir

 

Participantes : Louise Carrière, Marquise Lepage et Josée Boileau

 

 

Jeudi 25 octobre 2018

 

9 h : Accueil des participant.e.s 

 

9 h 15 – 10 h 45 : Maternité, sororité et filiations au cinéma

 

Présidente de séance : Julie Silveira, Université du Québec à Montréal

 

Recentering the Female Experience in Léa Pool’s revolutionary trilogy 

Fulvia Massimi, Université Concordia

 

This paper will take into consideration three feature films directed by Léa Pool and set in 1960s Quebec – namely Emporte-Moi (1999), Maman est chez le coiffeur (2008), and La passion d’Augustine (2015) – in order to examine how the filmmaker’s work recenters and reflects, a posteriori, on the experience of motherhood and femininity within the national narrative of the Quiet Revolution. The selected corpus will be contextualized within the history of the Revolution as the moment of inception of a properly defined national cinema in Quebec, as well as a project of remasculinization of Quebec as a heterosexual, patriarchal nation in pursuit of independence. The thematic and formal analysis of Pool’s “revolutionary trilogy” will focus specifically on the articulation of an alternative gendered narrative structured around relationships of maternal filiation rather than around traditional tropes of troubled masculinity and paternal legacy.

 

Déploiements de la maternité et de la féminité dans Tadoussac

Louis-Paul Willis, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

 

Le film Tadoussac (Laroche 2017) remet à l’avant-plan de façon retentissante la relation mère-fille par le biais d’une quête des origines articulée autour de réflexions culturelles contemporaines. Par le biais d’un scénario centré de façon quasi exclusive sur des personnages féminins, Martin Laroche – dont le film précédent (Les manèges humains [2008]) explorait le drame de l’excision – porte un intérêt manifeste envers la féminité, la maternité et la filiation mère-fille. Dans cette optique, et à travers un parcours conceptuel alliant psychanalyse et féminisme, il s’agira de prendre acte des postures spectatorielles engendrées par Tadoussac afin de dégager une réflexion actuelle sur les discours filmiques mettant de l’avant le traitement social et mythologique de la féminité et de la maternité. Au final, cette contribution voudra faire la lumière sur la démarche de ces réalisateurs masculins qui se permettent de penser la féminité, la maternité et la filiation mère-fille.

 

Les traces de mémoire

Joëlle Rouleau, Université de Montréal

 

Cette proposition explorera mon plus récent projet de recherche-création autoethnographique. Actuellement en phase embryonnaire, ce projet s’intéresse à la filiation matriarcale québécoise. Je m’intéresse à ce qui se perd dans cette cassure de la descendance au féminin, de laquelle résulte un effacement systémique qui a des conséquences historiques. La forme expérimentale me permettra de refléter l’impossibilité qu’est celle de retracer « mes origines féminines », mais également de réfléchir au concept de la trace cinématographique. En effet, la pellicule filmique permet l’inscription physique d’un moment visuel sur un support – elle laisse une trace. Cette trace devient en elle-même agente de mémoire collective. Avec l’avènement des technologies numériques, la trace subit une forme d’effacement. Que reste-t-il de la mémoire ? Filmé en Super8 et en super16, ce film réfléchira à la mémoire collective, à la mémoire identitaire, à la mémoire visuelle et à la mémoire technologique.

 

Amitiés et solidarités féministes dans Carla en 10 secondes de Jeanne Leblanc

Catherine Dussault Frenette, CRILCQ – Université du Québec à Montréal 

 

L’histoire que met en scène Jeanne Leblanc dans Carla en 10 secondes (2016) pourrait être tirée d’un fait divers, tant elle nous apparaît – malheureusement – familière : lors d’un soir de fête, plusieurs garçons reçoivent, sur leur cellulaire, une vidéo montrant des joueurs d’une équipe de football agressant une fille. Si le script est familier, le point de vue emprunté, soit celui de Gaby, la meilleure amie de Carla, l’est, en revanche, un peu moins. Cette perspective introduit une opposition fondamentale : alors que les jeunes hommes se repaissent de la dégradation à laquelle est soumise Carla, Gaby arpente la ville à la recherche de son amie, saisie d’inquiétude. Deux choix narratifs m’intéresseront ici : d’abord, l’adoption d’une perspective féminine extérieure à l’agression ; ensuite, le choix de ne pas montrer l’agression. Je me pencherai plus spécifiquement sur les effets qu’engendrent ces configurations, tant dans la réception, où une filiation s’établit avec les spectatrices, que dans la mise en récit.

 

10 h 45 : Pause

 

11 h – 12 h 30 : Femmes et télévision québécoise

 

Présidente de séance : Tara Chanady, Université de Montréal

 

La télévision des animatrices : pouvoir, féminité et féminismes

Anouk Bélanger, Université du Québec à Montréal

 

Les personnalités télévisuelles possèdent un certain prestige auprès du grand public, et un certain pouvoir au sein des chaînes de télévision. Les animatrices en particulier nous offrent des représentations riches. Sans être des personnages scriptés, elles constituent des constructions répondant aux contextes culturels et médiatiques et contribuent à la construction sociale et la perception populaire des rapports de genre et de sexe. Elles nous offrent des représentations au carrefour du public, du privé, du personnel et du politique. Au Québec, des animatrices comme Véronique Cloutier et Julie Snyder, sans nécessairement s’identifier publiquement comme féministes, nous proposent des représentations intéressantes du pouvoir au féminin et nous intéressent ici par le biais des contradictions de ce que l’on appelle le « de facto feminism » et le pop féminisme.

 

Les scripts sexuels dans la télésérie La Galère : les conditions de production du désir

Julie Lavigne, Université du Québec à Montréal

 

Cette communication s’inscrit dans un projet de recherche qui vise à décrire et interpréter les nouvelles configurations et biographies intimes contemporaines de femmes hétérosexuelles telles que représentées dans la série télévisée québécoise La Galère. Le choix de cette série est motivé par le fait qu’elle remet en question l’idéal de l’amour romantique qui tente de concilier les trois dimensions de l’intimité amoureuse : sentimentalité, sexualité et domesticité (Luhmann 1982). La série s’amorce lorsque les protagonistes (quatre femmes) décident d’emménager ensemble, séparant ainsi la dimension domestique de leurs aventures sexuelles et de leurs relations amoureuses. Pour repérer les diverses sémantiques ou divers scripts amoureux, nous avons développé une méthodologie inductive s’inspirant des étapes de la théorisation ancrée, une méthodologie issue des sciences humaines. La communication sera l’occasion de présenter les résultats portant spécifiquement sur les conditions de production du désir retrouvées dans les scripts sexuels des quatre protagonistes.

 

Les femmes au sein de la nouvelle offre télévisuelle québécoise. Nouveaux contenus, nouvelles représentations ? 

Stéfany Boisvert, Université McGill

 

Cette communication proposera une analyse de la représentation des femmes au sein de la nouvelle offre télévisuelle québécoise, à savoir les séries télévisées proposées par des chaînes câblées (Super Écran) et des nouveaux services de télévision par contournement (Club Illico, Ici tou.tv) qui se sont récemment lancés dans la production de séries originales. À travers une analyse textuelle de ces œuvres (Marche à l’ombre [2015], Catastrophe [2017-], Blue Moon [2016-], Fatale Station [2016-], Cheval Serpent [2016-]), il sera démontré comment celles-ci contribuent à une diversification des modèles de genre, tout en reproduisant dans certains cas des stéréotypes qui sont influencés notamment par le mouvement transnational de la Quality TV. Je compléterai ces observations par une prise en compte de la place des femmes derrière la caméra, puisque les séries analysées ont été majoritairement conçues et réalisées par des hommes, un enjeu central des nouvelles fictions « de qualité » produites au Québec et à l’international.

 

La téléréalité comme « modèle d’éducation » : Occupation double ou comment on entre dans l’âge adulte à l’heure des médias sociaux

Pierre Barrette, CRILCQ – Université du Québec à Montréal

 

Il est plus fécond, comme nous y encourage François Jost, d’envisager le contenu des médias non pas du point de vue de ses effets (comme on le fait encore si souvent), mais de « ce qui fait symptôme en lui, ce qu’il dit de la société, et ce qui explique son adhésion par telle ou telle couche de cette société ». En ce sens, la très grande popularité (qui est une forme d’adhésion et un plébiscite manifeste) des émissions de téléréalité auprès du jeune public féminin peut, et doit, selon nous, être abordée pour ce qu’elle révèle de la nature changeante des relations qui se développent entre ces nouvelles spectatrices et la réalité construite par les médias. La présente communication se propose ainsi d’analyser le dispositif d’une émission de téléréalité (nommément Occupation Double) comme un « modèle d’éducation » (Jost) symptomatique du régime de visibilité (Heinich) qui surdétermine aujourd’hui massivement les diverses formes de sociabilité des jeunes à l’heure des médias sociaux.

 

12 h 30 – 14 h: dîner

 

14 h – 15 h 30 : Femmes et jeux vidéo au Québec

 

Présidente de séance : Mélanie Millette, Université du Québec à Montréal

 

Jeux Epsilon : créer la culture que l’on veut voir

Sabrina Jacques, Jeux Epsilon

 

La culture du jeu vidéo est un élément-clé de cette industrie, tant au sein des communautés de joueurs, des contenus développés que de la dynamique des équipes de travail. Attirante pour certains, rébarbative pour d’autres, comment se vit-elle de l’intérieur ?  Sabrina Jacques présente son parcours de douze ans en jeu vidéo et explique pourquoi elle a cofondé Jeux Epsilon, une compagnie paritaire qui souhaite créer des jeux ainsi qu’un milieu de travail où tout le monde, femme comme homme, a sa place.

 

Les femmes dans l’industrie du jeu vidéo au Québec

Gabrielle Trépanier-Jobin et Élodie Simard, Université du Québec à Montréal

 

Demoiselle en détresse, combattante sexy, femme-récompense… les personnages féminins stéréotypés de nombreux jeux vidéo reconduisent des idées rétrogrades concernant les femmes en les dépeignant comme des victimes passives, des objets plaisants à regarder, des trophées de guerre ou des monnaies d’échange. À ces représentations sexistes s’ajoute le problème du harcèlement auquel les joueuses et les conceptrices font de plus en plus face dans les jeux en ligne ou sur les réseaux sociaux. Pour de nombreuses spécialistes des questions de sexisme dans la culture vidéoludique, la solution passe entre autres par la diversification des équipes de production qui mènerait, par ricochet, à la diversification des représentations. Or, les femmes représentent moins d’un quart de la main-d’œuvre créatrice dans les compagnies de jeux vidéo à l’échelle mondiale. Leur difficulté à s’identifier au métier et à concilier travail-famille en période de crunch figurent parmi les causes censées freiner leur ascension dans ce domaine dominé par les hommes. Dans cette communication, nous présenterons les bases d’une recherche descriptive sur la place et le rôle des femmes dans l’industrie du jeu vidéo au Québec qui nous aidera à mieux comprendre : les barrières nuisant à leur inclusion, les conditions de travail auxquelles elles font face dans l’industrie, la manière dont elles perçoivent leur rôle et les motivations qui les animent.

 

Les femmes* qui jouent sont dangereuses : résistances féministes dans les jeux vidéo

Pascale Thériault, Université de Montréal

 

La culture autour des jeux vidéo est largement teintée d’une masculinité militarisée (Kline et al. 2003), notamment parce que l’industrie vise un public cible majoritairement masculin. Or, on assiste de plus en plus à des tactiques de résistance féministe, se manifestant à la fois dans la création et les pratiques de jeu. Ces tactiques deviennent une nécessité, car les joueuses sont victimes de harcèlement et doivent jongler avec des représentations et des rôles narratifs sexualisés et stéréotypés promus par l’industrie. S’inscrivant dans une mouvance féministe populaire en réponse aux problèmes de harcèlement soulevés par le mouvement misogyne GamerGate (Wofford 2014), ces résistances féministes se multiplient mais demeurent peu étudiées. La communication visera à présenter une cartographie préliminaire des résistances féministes en questionnant leur place au sein du paysage vidéoludique. En premier lieu, la présentation abordera les enjeux de la culture vidéoludique toxique et de la masculinité militarisée (Consalvo 2012; Kline et al. 2003) et s’appuiera sur les théories du design radical (Flanagan 2013) et des pratiques vidéoludiques subversives (Layne et Blackmon 2013; Westecott 2013). Finalement, la communication proposera une cartographie préliminaire des pratiques féministes, comme le modding ou les machinimas.

 

Le Groupe Féministe Vidéoludique, ou comment promouvoir des voix marginalisées des jeux vidéo

Pascale Thériault et Roxanne Chartrand, Université de Montréal

 

Le Groupe Féministe Vidéoludique (GFV) est une initiative féministe intersectionelle née à l’été 2016 à l’Université de Montréal, dans le but de promouvoir la création vidéoludique d’auteur.e.s marginalisé.e.s, de réfléchir les enjeux féministes et queer de ces créations, ainsi que de faire de la place aux joueuses et joueurs grâce à des discussions dirigées. La présentation abordera le contexte d’émergence du GFV, dans un milieu académique plus ou moins réceptif aux théories féministes et dans un contexte d’émergence de jeux vidéo alternatifs présentant des thématiques diversifiées (les « alt games »). De plus, la présentation fera un historique des mobilisations féministes et queer dans le jeu vidéo au Québec, afin de présenter la manière dont le GFV se démarque de ces initiatives québécoises, comme Pixelles, par exemple. Nous aborderons également les tensions des objectifs du groupe, partagé entre le désir d’offrir une éducation démocratisée pour joueurs et joueuses aguerri.e.s et non initié.e.s, et le désir de créer un espace sécuritaire pour les communautés marginalisées.

 

15 h 30 : Pause

 

15 h 45 –  17 h 15 : Femmes, groupes féministes et vidéo

 

Présidente de séance : Viva Paci, Université du Québec à Montréal

 

Rhizome féministe dans la production vidéo québécoise

Diane Poitras, Université du Québec à Montréal

 

M’appuyant sur un trajet personnel, je m’appliquerai à retracer le parcours d’une pratique de création vidéo « socialement engagée » depuis les télévisions communautaires des années 1970 au Groupe Intervention Vidéo, centre d’artistes voué au soutien à des œuvres réalisées par des femmes au 21esiècle. Cette communication voudra relever les rapports entre le cinéma direct, le cinéma d’intervention dans la mouvance de Société Nouvelle et une pratique qui se veut exploratoire sur le plan formel.

 

Les femmes au Vidéographe dans les années 1970

Karine Boulanger, Vidéographe 

 

Cette communication se penchera dans une perspective historique sur la place des femmes à Vidéographe depuis les années 1970. Vidéographe étant un organisme mixte qui visait une démocratisation de l’accès à la vidéo avant de devenir un centre soutenant les artistes professionnels, cette histoire soulève des questions intéressantes sur la représentation des créatrices et la diffusion de leur production, de même que sur l’institutionnalisation de la vidéo comme médium artistique. Nous nous interrogerons aussi, plus largement, sur la vidéo comme médium féministe. Il convient en effet de s’interroger sur la pertinence actuelle de cette idée bien établie dans les années 70, vu la liberté et l’accessibilité du médium. Nous nous demanderons ainsi si le médium, de même que le réseau des centres d’artistes dont fait partie Vidéographe, peuvent toujours être considérés comme un espace privilégié pour les créatrices québécoises.

 

Créations féministes en cinéma et en vidéo dans les années 1970 au Québec

Julia Minne, Université de Montréal

 

L’avènement du cinéma direct au Québec a favorisé la création de nombreux films d’intervention sociale et politique à la fin des années 1960. Dans ce contexte, de nouvelles techniques et formes cinématographiques ont émergé. Certaines de ces productions proposaient ainsi des croisements entre différents genres comme le documentaire, la fiction, l’essai ou encore le film expérimental. Les féministes dites de la « deuxième vague » québécoise ont particulièrement investi le champ de la vidéo. Ces techniques audiovisuelles ont permis aux femmes de diffuser plus largement leurs luttes, de créer leurs propres films et d’apporter de nouveaux regards sur la création cinématographique. Avec la création du programme Challenge for change puis du Studio D en 1974, en passant par l’association Vidéo Femmes à Québec en 1973 et du Groupe Intervention Vidéo en 1975, de nombreuses collections se sont constituées autour de l’histoire des femmes. Cette communication s’intéressera à donner une légitimité aux gestes esthétiques et poétiques de ces œuvres. Ainsi, comment réintégrer ces corpus encore ignorés au sein de l’histoire du cinéma et des images animées ?

 

Les enjeux actuels de la vidéo comme médium féministe et social : partage d’expérience du Groupe Intervention Vidéo (GIV)

Anne Golden, Eva Fleur Riboli-Sasco, Annaëlle Winand, GIV

 

Fondé en 1975 à Montréal, le Groupe Intervention Vidéo a pour mission de promouvoir les vidéos indépendantes réalisées par des femmes (au sens le plus inclusif du terme), en les distribuant et les diffusant tout en en soutenant activement la production. Bien que le mandat reste inchangé, le contexte dans lequel le GIV évolue s’est, quant à lui, transformé. Que ce soit sur le plan technique, sociétal, éthique ou encore théorique, les vidéastes indépendantes rencontrent aujourd’hui de nouveaux défis dans leurs créations. La vidéo ayant été un médium privilégié par les voix féministes à partir des années 1970, à quelle place se situe-t-elle dans le paysage audiovisuel actuel ? S’agit-il toujours d’un format privilégié par les créatrices ? Quelles voix sont-elles exprimées à travers ce média ? Quelles sont leurs préoccupations ? Nous tenterons de répondre à ces questions, ainsi que d’initier une conversation, en nous appuyant sur l’histoire du GIV et les productions des vidéastes qu’il représente.

 

 

Vendredi 26 octobre 2018

 

9 h : Accueil des participant.e.s 

 

9 h 15 – 10 h 45 : amitié féminine et amour lesbien dans les web séries et courts métrages

 

Présidente de séance : à venir

 

Le Réseau Vidé-Elle, collectif de production vidéo féministe et lesbienne

Julianne Pidduck, Université de Montréal

 

Cette communication porte sur le Réseau Vidé-Elle, un collectif féministe de production et de distribution vidéo. Ma présentation, qui fait appel à des extraits d’entrevues, à la recherche documentaire et à l’analyse de vidéo, comprendra deux volets. Dans un premier temps, je situerai Réseau Vidé-Elle comme initiative féministe qui coïncide avec les « origines » de la production audiovisuelle moderne au Québec : en 1975, Diane Heffernan et Suzanne Vertue, alors pigistes à l’Office national du film, ont organisé un atelier pour rendre accessible la production vidéo à toutes les employées de l’organisme (commis, secrétaires, téléphonistes et techniciennes). Inspirées par cette initiative, Heffernan et Vertue ont fondé Réseau vidéo des femmes en 1975, à l’époque de Société nouvelle. Dans un deuxième temps, je considère les vidéos de Heffernan et Vertue comme « archive » vidéo (Cvetkovich 2003; Eichhorn 2013) intégrant des traces visuelles de militantisme et de production culturelle féministe et lesbienne au Québec. Sous la bannière de Réseau Vidé-Elle depuis 1980, les deux vidéastes agiront comme « journalistes télévisuelles du mouvement des femmes et des lesbiennes » au cours des années 1970-1990. Elles ont documenté « ce qui se faisait auprès des femmes, et ce à tous les niveaux, que ce soit les manifestations [Québécoises deboutte ou les événements culturels, car pour [elles] la création est un geste politique » (Lord 1979). Pour conclure, je réfléchirai sur le Réseau Vidé-Elle, collectif peu documenté et presque oublié (hors des réseaux féministes et lesbiens de l’époque) comme faisant partie d’un contre-récit féministe aux discours dominants de la production audiovisuelle du Québec.

 

Féminin/Féminin (Chloé Robichaud 2014): Lesbian storytelling from web to tv

Ylenia Olibet, Université Concordia

 

Web series, usually distributed on online digital platforms, has developed as a format that borrows the serial structure and narrative codes from tv series. The web series format has often been appropriated by independent filmmakers as a form of expression to tell stories, expose themes, and perform characters that would have hardly entered the circuits of top-down production and distribution. In particular for women filmmakers, the practices of digital videomaking seem to update practices of  women’s cinema in the context of third-/fourth-wave feminism. The web series Féminin/Féminin, directed by acclaimed filmmaker Chloé Robichaud, produced by the lesbian organization Lez Spread the Word, first distributed online, and then broadcast on the television channel ARTTV of Radio Canada and on the French TV channel France 4, embodies a crucial case in point for the transnational circulation of Quebec women’s cinema. Through this specific case study, this paper will bring to light the central role played by the synergy between digital platforms of distribution and broadcast TV networks in shaping the recent circulation of womens’ cinema.

 

Le Père Noël existe-t-il ? Amour, sexe et conjugalité dans Féminin/féminin de Chloé Robichaud

Anne Martine Parent, Université du Québec à Chicoutimi

 

La websérie Féminin/Féminin (2014, 2018) de Chloé Robichaud met en scène des femmes lesbiennes vivant diverses situations amoureuses et sexuelles : les débuts d’une relation, la difficulté de s’engager, la rupture, etc. Je propose d’analyser dans ma communication les différentes configurations intimes qui traversent la série, c’est-à-dire de faire ressortir les liens entre les sentiments, la sexualité et la conjugalité, ainsi que les modalités combinatoires de ces trois dimensions de l’expérience intime. J’aborderai également la question de l’orientation sexuelle, puisque cette question est importante dans la série, mais aussi parce que le fait de présenter des relations homosexuelles situe les personnages hors de la matrice hétérosexuelle et, par conséquent, hors des modèles dominants des représentations culturelles en matière de relations de couple. En se situant hors de l’hétéronormativité et de ces modèles et clichés, la websérie Féminin/Féminin ouvre-t-elle le champ des possibles et propose-t-elle de nouvelles conceptions du couple et de l’amour ? On verra qu’il y a dans la série une tendance à la normativité conjugale à l’extérieur des modèles hétérosexuels habituels. Mon analyse permettra également, je l’espère, de réfléchir plus globalement aux mutations des représentations genrées sur les écrans québécois, dans un contexte où de nouvelles plateformes de diffusion permettent la création de nouveaux contenus.

 

Par la bande : représentations de l’amitié au féminin dans les web séries et court-métrages au Québec

Alice Michaud-Lapointe, Université de Montréal

 

Alors que de plus en plus de séries américaines écrites par des femmes (Girls, Broad City, Glow) exposent les complexités de l’amitié entre filles dans la vingtaine, on remarque cette tendance se profiler également au Québec, peut-être plus particulièrement au sein de formats dits « courts ». Qu’on pense à Quelqu’un d’extraordinaire de Monia Chokri (2014) ou aux séries web Quart de vie (Kadidja Haïdara, 2014), Switch & Bitch (Sophia Belahmer, Juliette Gosselin 2015) et Le temps des chenilles (Catherine White 2016), une nouvelle génération d’auteures-réalisatrices québécoises semble utiliser ces formats pour renouveler avec un ton caustique assumé les discours sur l’amitié en « bande », la jalousie, la sexualité, la peur de la banalité. Or, de quel type de sororité, d’affinité ou de solidarité parle-t-on aujourd’hui ? Comment Chokri ou Haïdara pensent-elles les questions de filiation féminine et de communauté ? La web série et le court métrage commandent-ils un rythme différent, plus profitable pour traiter de ces sujets ? À l’aune de ces questions, il sera intéressant d’investiguer les spécificités esthétiques et narratives de ces nouvelles productions, mais aussi de comprendre à plus large échelle de quoi elles sont le symptôme (et le besoin) dans la création audiovisuelle québécoise.

 

10 h 45 : Pause

 

11 h – 12 h 30 : Médias audiovisuels et femmes autochtones au Québec

 

Présidente de séance : Michèle Garneau, Université de Montréal

 

La représentation des femmes autochtones dans les films de fiction québécois

Karine Bertrand, Université Queen’s 

 

Au Québec, la tradition documentaire et les films fictionnels ont perpétué les stéréotypes du genre Western en présentant les cultures et histoires des Premières Nations selon une lentille patriarcale (« male gaze ») où les personnages féminins autochtones étaient bien souvent invisibles ou utilitaires. Plus récemment, la médiatisation du phénomène des femmes autochtones disparues et assassinées a permis de mettre en lumière la résilience de ces femmes confrontées aux problèmes de violence découlant de la colonisation de leurs peuples. À cet égard, il est légitime de poser notre regard sur des films tels que Of the North (Gagnon 2015) qui montrent encore et toujours ces images de la femme autochtone sexualisée, ou Ce qu’il faut pour vivre (Pilon 2008) où la femme autochtone demeure invisible, afin de dénoncer la réactualisation de stéréotypes propres aux films hollywoodiens. En utilisant la notion d’invisibilité telle que définie par Michelle Raheja, nous étudierons une sélection de films d’auteurs autochtones québécois (Lee Maracle et Leanne Simpson) mettant en scène des femmes autochtones afin de comprendre davantage la nature de ces représentations.

 

Kanien’kehá:ka et langue anglaise : (Re)penser le paradigme de la langue « maternelle » avec la série télévisée Mohawk Girls et le film documentaire Kanien’kehá:ka/Living the Language de Tracey Deer

Marie-Eve Bradette, Université de Montréal

 

Si le film documentaire Kanien’kehá:ka/Living the Language (2008) place au premier plan la langue mohawk comme sujet du film, cet enjeu de représentation langagière est également présent, mais sous une autre forme et toujours en filigrane, dans la série télévisuelle Mohawk Girl (2014) de la cinéaste mohawk Tracey Deer. La langue que l’on dit « maternelle » fait constamment parler d’elle, mais qu’en est-il de ce rapport au féminin maternel ? Par l’analyse des représentations de la langue mohawk et de l’utilisation créative et subversive de la langue anglaise (Harjo et Bird 1997) dans les deux œuvres de Tracey Deer, nous proposerons une réflexion critique au sujet du paradigme eurocentré de « langue maternelle » (Yildiz 2012) pour arriver à une meilleure compréhension des enjeux spécifiques de la représentation de la langue dans un contexte de production culturelle singulier, anglophone, autochtone et féminin, sur le territoire du Québec actuel.

 

Ruptures et filiations : de Pluies de pierres à Whiskey Trench à Québékoisie, quelles réflexions tirer de la création et des représentations des femmes autochtones dans les médias audiovisuels au Québec ?

Isabelle St-Amand, Université Queen’s

 

Cette communication souhaite contribuer à la réflexion proposée sur l’histoire des femmes dans les médias audiovisuels au Québec par le biais d’une analyse comparative de deux films documentaires, Pluies de pierres à Whiskey Trench (2000), de la réalisatrice abénaquise Alanis Obomsawin, et Québékoisie (2014), des réalisateurs allochtones Mélanie Carrier et Olivier Higgins. Dans la mesure où ces deux documentaires interrogent de différentes manières l’état des relations entre autochtones et allochtones au Québec, il s’agira de réfléchir aux ruptures et aux filiations qui se dessinent à la croisée de la création et des représentations des femmes des peuples premiers au Québec. Qu’est-ce que ces films documentaires, les images qu’ils nous font voir et les discours qu’ils nous font entendre, rendent manifeste à cet égard ? Quelle commune mesure peut-il y avoir, par exemple, entre les violences coloniales dont témoignent les femmes mohawks s’adressant à la caméra d’Alanis Obomsawin dans les suites immédiates de la crise d’Oka, ou la résistance à Kanehsatà:ke, et les désirs d’amitié et de filiation mis de l’avant une quinzaine d’années plus tard dans le film de Mélanie Carrier et d’Olivier Higgins ? Qu’est-ce que ces représentations médiatiques et cinématographiques des femmes autochtones nous invitent à retenir si l’on souhaite appuyer un processus de décolonisation ?

 

Entretien avec Kim O’Bomsawin

Kim O’Bomsawin, cinéaste / Mélissa Gélinas, Université Concordia

 

Cet échange vise à mettre en lumière le parcours singulier et inspirant de la réalisatrice et scénariste d’origine abénakise Kim O’Bomsawin, de ses études antérieures en sociologie à sa pratique actuelle du cinéma documentaire. Outre l’apport de ses origines abénakises à sa carrière de cinéaste-documentariste, il sera question de la richesse des thématiques, des formats et des genres qui ont façonné une œuvre multifacétique et variée, qui s’est jusqu’à maintenant exprimée à travers le documentaire, la télésérie et le webdocumentaire. L’entretien sera précédé d’un extrait du long métrage Ce silence qui tue. Récemment scénarisé et réalisé par la cinéaste, ce documentaire aborde le vif et troublant sujet des femmes autochtones assassinées et disparues au Canada. L’extrait présenté et l’entretien qui s’ensuivra permettront à l’auditoire de saisir de manière concrète la contribution très contemporaine de l’œuvre de Kim O’Bomsawin à l’histoire des femmes dans les médias audiovisuels au Québec ainsi que l’apport crucial des récits autochtones à cette histoire. En optant pour ce format de communication nous espérons faciliter par la suite les échanges entre la cinéaste-documentariste et un auditoire composé en partie de membres du milieu culturel et de citoyens de l’extérieur du milieu universitaire.

 

12 h 30 – 14 h : Dîner

 

14 h – 15 h 30 : Table ronde – Dix ans de militantisme, histoire des Réalisatrices Équitables

 

Animatrice : Guylaine Dionne, Université Concordia

 

Participantes : Francine Descarries, Université du Québec à Montréal, RéQEF

Isabelle Hayeur, Anik Salas, Anna Lupien, Réalisatrices Équitables

 

15h 30 : Pause

 

15 h 45 – 16 h 45 : Conférence de clôture  

 

Répondante : Martine Delvaux, Université du Québec à Montréal, IREF

 

Queeritude : être nous/entre nous

Chantal Nadeau, University of Illinois at Urbana-Champaign

 

Des mouvements tels #MoiAussi et Time’s Up! 50% mobilisent avec force depuis plusieurs mois l’espace public pour dénoncer le pouvoir du sexe comme mode légitime de violence dans les médias. Au programme : un refus de l’ordre établi et un désir de faire les choses autrement. Toutefois, les pratiques résistantes des femmes et autres minorités vis-à-vis d’une industrie misogyne, raciste, et homophobe occulte une question qui me semble fondamentale : détient-on les droits exclusifs et absolus de notre propre représentation ? Peut-on imaginer l’espace entre nous au-delà des questions égalitaires et paritaires, c’est-à-dire en dehors d’un être nous qui soit soumis aux règles du jeu du nombre ? Comment penser la représentation, le pouvoir, le politique et la justice au-delà de la parité, de l’égalité, de l’inclusion, et au-delà d’une temporalité du progrès qui est « par nature » une incorporation des différences ?

 

La présente conférence explore la nature normative que nous avons au Québec avec ce que j’appelle la queeritude. Par queeritude, j’entends une manière hors normes et hors corps de déployer, représenter et s’approprier un mode de mise en discours et en images du genre et du sexe dans l’espace public. Ma critique s’arrime à une approche queer et non normative des conditions de représentation des genres comme formes politiques et sociales. En amont, je propose une analyse de la violence du genre, la violence du sexe, et la violence des corps sans frontières dans l’espace médiatique récent. Décliné en 10 thèses, mon propos s’organise autour de trois vecteurs de cette queeritude : la « loi » de la culture, la famille et la nation, et les frictions « identitaires ».

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